Tendre la main à la différence

L’immigration est un sujet qui divise de plus en plus de gens sur la planète. Bien que l’humanité ait plusieurs fois au cours de son histoire démontré sa peur et son rejet de la différence, les réseaux sociaux ont banalisé cette pratique, et les discours de haine semblent se multiplier à une vitesse effarante.

Bruny Surin, ex-olympien, conférencier, homme d'affaires.

Ayant moi-même immigré au Canada à l’âge de sept ans, je trouve cette polarisation extrêmement triste. J’entends souvent que les nouveaux arrivants viennent profiter de notre pays, de notre confort, de nos emplois. Pourtant, tout comme moi il y a plus de 40 ans, comme nous tous dans une certaine mesure, ils sont à la recherche d’une vie meilleure, n’ayant pas eu la chance inouïe de vivre dans un pays sécuritaire ou stable.

Selon moi, il est essentiel de tenter de se comprendre les uns les autres et de s’ouvrir aux différences. Ce n’est pas parce qu’une personne vient d’un autre endroit, que son alimentation, ses coutumes et sa culture sont différentes, qu’elle ne mérite pas notre respect et notre attention.

L’argument vaut des deux côtés bien sûr. Car un immigrant qui tente de mieux connaître son pays d’accueil et ses habitants aura plus de facilité à s’intégrer, à trouver un emploi et à susciter l’empathie.

Tout comme moi, qui suis maintenant un fier Canadien, qui ai même représenté le pays partout sur la planète, tous les immigrants ont quelque chose à apporter.

Au fil des ans, je me suis fait des amis de toutes les origines. Vietnamiens, Québécois, Haïtiens, Thaïlandais, Américains, Juifs, Sénégalais et Marocains forment un réseau tissé serré, où la poutine et le hockey côtoient les currys et les baguettes. Je suis plus fort de cette richesse, de ces nouvelles connaissances, de toutes ces découvertes.

Je suis peut-être naïf, mais je suis convaincu qu’en se tendant la main, on peut décupler cette richesse et vivre dans un pays encore plus harmonieux, encore plus stimulant.   

Go get it!